Fidèle à Gbagbo jusqu’au bout, un militaire en exil : « Les secrets de l’assassinat de Tagro »

par le 24/11/11 à 11:54

LEVEE-CORPS-TAGRO

Un pur produit de l’Empt et de l’école des Forces armées, celui qui se présente sous le nom de Commandant Somodieu, a servi à la Garde républicaine. Détaché à la sécurité du président, il a combattu contre l’armée française à la résidence de Cocody, en avril dernier. Exilé au Ghana depuis quelques mois, il a risqué sa vie pour venir rétablir les faits, notamment les derniers instants du 11 avril et surtout «les circonstances exactes» de l’assassinat du ministre Tagro. «Les Ivoiriens ont soif de savoir la vérité, ce qui s’est réellement passé. Il y a beaucoup de choses qu’on leur a cachées», confie-t-il.

 Pourquoi avez-vous décidé de garder l’anonymat quand bien même vous voulez divulguer certaines informations ?

J’ai décidé de garder l’anonymat, il faut que je sois sincère avec vous, je suis bel et bien sur la liste des personnes recherchées, qui doivent être entendues par le tribunal militaire. C’est pour cela que j’ai décidé de garder l’anonymat.

Vous étiez dans quel corps de l’armée ?

J’étais militaire, anciennement de la Garde républicaine à Treichville. Beaucoup d’Ivoiriens, y compris même mes proches, pensent que l’armée a trahi. Laissez-moi dire aux Ivoiriens que l’armée, les Fds n’ont pas trahi. Ils ont mené le combat qu’il fallait. C’est Dieu qui a le dernier mot, il faut que les Ivoiriens sachent cela. Et Dieu n’est pas un dieu injuste, c’est un Dieu de justice. Je vous le répète, il ne sert à rien de baisser les bras, demeurez en prière, la situation va se régulariser bientôt. 

Mais vous dites que les Fds n’ont pas trahi, alors que les actes posés par plusieurs de vos supérieurs trahissent vos propos.

Vous savez nos supérieurs ont eu à poser des actes ou à faire des déclarations, pendant et après la crise. Mais sachez une chose et tout le monde le sait, les Fds n’ont pas abandonné les Ivoiriens encore moins le président Gbagbo. Nous avons combattu jusqu’à ce que le président Laurent Gbagbo lui-même nous a demandé, entre le 9 et le 10 avril 2011, d’arrêter le combat et c’est pourquoi, nous avons arrêté. Beaucoup de choses se sont passé entre le 27 mars et le 11 avril.

Pourquoi cette période spécifique du 27 mars au 11 avril ?

Parce que c’est à partir du 27 mars que les Frci ont tenté à plusieurs reprises  et par tous les moyens de prendre la commune du Plateau, sans succès. Et pourtant, ils avaient avec eux l’armée française, les soldats onusiens et les mercenaires burkinabés, maliens et nigérians. Nous combattions contre au moins 4 forces armées coalisées.

Lors de la bataille d’Abidjan, où étiez-vous ?

Nous avions mission de sécuriser la commune du Plateau. Mais mon détachement était prédisposé dans les environs de la Place de la République au Plateau, avec en ligne de mire les combattants ennemis qui venaient de Treichville. Les Frci et leurs soutiens français et onusiens ont vainement tenté de franchir le Pont Félix Houphouët-Boigny. Ils avaient en face d’eux une armée professionnelle et déterminée. A partir de la Carena, nous avons bouclé tout le périmètre du Plateau. Les soldats français et les Frci qui se sont hasardés dans la zone, s’ils sont encore vivants, peuvent témoigner. Ils avaient pour mission de prendre la Présidence, mais ils n’ont pas pu s’en approcher, durant une semaine de rude combat, disons jusqu’au 5 avril. Où les supérieurs nous ont demandé de rejoindre la résidence du président Gbagbo. Parce que c’est là-bas que les derniers combats, les derniers combats les plus rudes, allaient se faire.

Vous aviez rallié la résidence du Chef de l’Etat le 5 avril. Que s’est-il passé par la suite ?

C’était tout simplement effroyable, atroce et criminel. Pour ces jours passés là bas, il fallait véritablement être quelqu’un sans cœur qui supporter les atrocités perpétrées par l’armée française et les soldats onusiens. N’eût été l’intervention de l’armée française, les Frci ne pouvaient jamais, jamais entrer à la résidence du président Gbagbo. Parce que nous avions les armes et les hommes pour nous défendre. Au passage, j’aimerais saluer la mémoire de tous ces étudiants et civils martyrs qui ont fait le sacrifice de leurs vies, pour l’instauration de la démocratie. Je reviens pour dire que nous avions des hommes et le courage, l’armement nécessaire pour combattre, même pendant deux ans les Frci n’allaient jamais prendre le dessus sur nous. Mais c’est l’armée française qui bombardait la résidence du président Gbagbo, malgré la présence de plusieurs centaines de civils aux mains nues dans le périmètre.

On parle de plusieurs civils tués lors des bombardements de l’armée française.

Il y a eu assez de civils qui ont été tués. L’armée française s’est rendu coupable d’un véritable crime de guerre, crime contre l’humanité en massacrant avec ses hélicos de combat des centaines de civils dans le périmètre présidentiel. Aujourd’hui, quand on voit que des mandats d’arrêts internationaux sont lancés contre telle ou telle autre personnalité proche du président Gbagbo, nous sommes tout simplement écœurés. Mais demandez au commandant Vetcho, demandez au commandant Tonnerre, au commandant Oustaz, pourquoi ont-ils tué le ministre Tagro ? Pourquoi?

Là, vous portez des accusations formelles ?

Affirmatif. Je les accuse, ils savent ce qui s’est passé. Le ministre Désiré Tagro est sorti avec une écharpe blanche à la demande du président Gbagbo qui disait ceci et je cite : «c’est moi que la France cherche, cessez de combattre je vais me rendre». Et c’est là que nous avons baissé les armes, ce n’est pas parce qu’ils ont pris le dessus sur nous. Mais ces trois commandants ont assassiné purement et simplement le ministre Tagro, alors qu’il avait le drapeau blanc. Ils ont tiré dans la mâchoire du ministre Tagro et abattu presque tous les soldats qui étaient là et qui avaient cessé de combattre et n’avaient pas d’armes. Moi je me suis jeté dans un caniveau. C’est ce qui a fait que peut-être je ne suis pas mort. Non satisfaits des crimes perpétrés à la résidence et aux alentours de la résidence, et alors que le ministre Tagro tenait un drapeau blanc en signe de cessez-le-feu, ils l’ont purement et froidement assassiné. C’est un crime de guerre et les auteurs que nous connaissons tous, doivent être poursuivis.

Mais ce ne sont quand même pas les trois commandants qui ont tiré ensemble sur le ministre…

Oui, effectivement. C’est le commandant Oustaz qui a tiré sur le ministre, demandez à Vetcho, Tonnerre et les autres. Ils le savent. Nous avions cessé tout combat à la demande du président. Et le ministre Tagro après avoir échangé avec l’Ambassadeur [de France, Jean-Marc Simon, ndlr], a eu la garantie de ce dernier qu’aucun coup de feu ne serait tiré, contrairement à sa première tentative de sortie de la résidence. Effectivement, il s’est avancé jusqu’au portail, et c’est là que les Frci ont été priées de faire mouvement vers la résidence. Moi, j’étais dans un caniveau pas loin de la scène. Les premiers à s’être présentés au niveau des commandants, ce sont les trois que j’ai cité. Et c’est là que deux coups de feu ont été tirés par l’un des commandants, en l’occurrence Oustaz, et un coup a atteint le ministre à la mâchoire qui s’est affaissé. 

Pourtant les combats avaient cessé ? 

En tout cas, à la résidence du président, nous combattions contre l’armée française qui pilonnait nos positions, bombardait la résidence présidentielle. Des civils venus défendre aux mains nues la démocratie sont morts. Par moment, le président Gbagbo sortait pour nous saluer et rentrait. C’est quand ordre nous a été donné de cesser de combattre, qu’eux ils sont rentrés.

De qui parlez-vous ?

Des soldats de l’armée française bien sûr. Et c’est quand ils ont sécurisé d’après eux, tout le périmètre qu’ils ont laissé place aux Frci. Les soldats français et quelques soldats onusiens ont été les premiers à entrer dans l’enceinte de la résidence. Si vous avez constaté le gilet pare-balles et le casque que portait le président Gbagbo, appartiennent à l’armée française. Donc quand l’armée française s’est assuré qu’elle a neutralisé tout le monde, c’est en ce moment là qu’elle  s’est retirée et a fait appel aux Frci. Ils pouvaient tuer le président Gbagbo, mais ça faisait partie du plan de Dieu. Donc, ils ne pouvaient pas le tuer.

 Comment avez-vous donc quitté la résidence du président Gbagbo alors que les soldats français étaient un peu partout ?

Je vous le dis Dieu est miséricordieux. Il n’a pas voulu que je reste dans cette crise. J’ai plongé directement dans un caniveau. C’est en ce moment là qu’ils ont pris le président Laurent Gbagbo et ils partaient avec lui. Moi, je rampais doucement dans le caniveau pour éviter d’être vu. Et pendant que je rampais, un soldat français m’a vu. Mais je ne sais pas pourquoi, il ne m’a pas tué ni livré aux autres. Peut être que ça faisait partie du plan de Dieu. Mais lui et moi nous nous sommes regardés et il m’a fait signe de partir.  Mais je n’ai pas été le seul à être sauvé par ces soldats, plusieurs de mes frères d’armes ont été discrètement exfiltrés par des soldats français, par la même voie. Vous savez, les soldats français sont des êtres comme nous, ils savaient la réalité en Côte d’Ivoire, mais en tant que militaires, ils n’avaient pas d’autres choix que d’obéir. Mais c’est vrai que du regard des civils, ils sont aussi coupables que leurs dirigeants. En tout cas, à l’extérieur de la résidence, il y avait plus de 60 chars français postés un peu partout. On se demandait même à un moment donné s’ils n’étaient pas venus pour raser toute la résidence du président Gbagbo. Il y avait des AR-MIX, des bombardiers, des hélicoptères Puma, Gazelle qui sillonnaient dans les airs du périmètre présidentiel. Il y a eu trop de massacres pour que ces gens-là ne soient pas poursuivis et jugés. 

Comment vous vous êtes retrouvé en exil ? 

Des éléments des Frci sont allés trois fois à mon domicile pour me chercher. Ils ne m’ont pas eu, alors ils ont assassiné froidement mon oncle et mes deux petits frères. Et ensuite, ont pillé toute ma résidence. Après donc être sorti de la résidence du président Gbagbo, je me suis terré jusqu’à la mi-août, où j’ai officiellement quitté le pays pour le Ghana voisin. Officiellement je ne fais plus partie de l’effectif de l’armée. Je fais partie des près de 4000 soldats qui sont aujourd’hui en exil. Je préfère être vagabond que de d’être emprisonné injustement par le régime. Nous n’avons qu’accompli notre mission régalienne de défendre l’Etat agressé. 

Vous dites être au Ghana. Le régime d’Abidjan vous soupçonne de fomenter un coup d’Etat.

Il n’y a pas de coup d’Etat en préparation au Ghana. Dieu, il est souverain. Les Ivoiriens crient, les Ivoiriens pleurent. Dieu entend les pleurs, les cris des Ivoiriens. Au moment opportun,  Dieu agira ! Mais ils sont venus au pouvoir normalement, pourquoi ferait-on un coup d’Etat contre eux ? Mais on ne peut pas empêcher ce régime de penser ce qu’il veut, de soupçonner tout le monde de vouloir faire un coup d’Etat. Mais quand le voleur rentre chez toi, il a toujours peur, il est anxieux. Il se dit que le propriétaire des lieux peut le surprendre un beau matin. C’est ce qui fait que le régime a si peur. Non, nous ne préparons pas de coup d’Etat, c’est Dieu qui mènera le combat !

Vous parlez avec tant d’assurance…

Oui, oui ! Dieu est un Dieu de justice. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul Ivoirien qui peut lever le doigt pour dire qu’il est à l’aise. La Côte d’Ivoire est dans un état critique. 

Un dernier mot à l’endroit des Ivoiriens.

Bien avant, j’aimerais dire merci à mes deux professeurs, P.O et P.A, qui m’ont permis de quitter le pays. J’aimerais dire aux Ivoiriens de continuer de prier. Dieu les entend. Bientôt leurs souffrances prendront fin. 

A vous entendre, on croirait à un…

 Non, loin de nous cette idée. Vous savez Dieu est un Dieu de justice. Il sait ce qui se passe en Côte d’Ivoire. C’est lui qui a permis que cela se passe, pour que nous puissions réellement comprendre le message qu’il a voulu nous donner. Que les Ivoiriens sachent une chose : Dieu ne les a pas oubliés, il ne les a pas abandonnés. Et très bientôt, il exaucera leurs prières.

Réalisée par Gérard Koné

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  1. DON Emilienne

    nov 24 2011

    AAAAMMMMENNNN

  2. gnoko

    nov 24 2011

    MOI JE SAIS QUE TU DIS VRAI ET QUE CELA ME RASSURE D'ENTENDRE QUE CETTE SITUATION NE RESTERA PAS ETERNELLEMENT JUSQU'EN 2053 COMME LE DIT LE SG DU RDR

  3. JEAN LEBAPTISTE

    nov 24 2011

    TOUT EST ACCOMPLI. QUE TOUTE LA NATION ELEVE LA VOIX ET BENISSE LE DIEU D'ISRAEL QUI EST EN CE MOMENT A L'OEUVRE DANS LE SECRET. IL VA BIENTOT SE DEVOILER A CETTE NATION ET A TOUTE L'AFRIQUE. GBAGBO REVIENT CONTINUER SON TRAVAIL ET LE TERMINER AU NOM DE JESUS-CHRIST. AMEN

  4. blessoué

    nov 24 2011

    ce que tu dis est vrai et il est conforme à la nouvelle parution du livre de charles ONANA intitulé le COUP D ETAT. YAKO A VOUS TOUS KI AVEZ LUTTE POUR LA VRAI REPUBLIQUE DE COTE D IVOIRE. DIEU EST VRAIMENT JUSTE ET IL FERA PARAITRE SA JUSTICE COMME LE SOLEIL. SEIGNEUR JE TE BENIS DE LES AVOIR PROTEGE ET D AVOIR MIS DANS LE COEUR DE QUELQUE SOLDATS FRANCAIS CETTE POIGNEE D AMOUR QUI A RENDU LA VIE SAUVE A NOS FRERES.

  5. MM

    nov 24 2011

    Jusqu'en 2153 si c'est ce que Dieu veut !!!! loooool

  6. MM

    nov 24 2011

    Le caniveau était situé où pour que tu puisses voir tout çà. mais enfin… Que le Seigneur bénisse. ce n'est ni un Dieu de Gbagbo ni de Ouattara. Juste le Dieu miséricorde…

  7. glorious

    nov 24 2011

    la RAGE o  coeur!!!!!!!!!  mais ce ki me reconforte, c'est ke ce soldat lui meme continue d'invoquer le nom de mon DIEU. Le DIEU de toute justice, je m'attends a toi

  8. mamane

    nov 24 2011

    héééé journaliste de cote d'ivoire!!!. On fait diffuser quelques passages du livre de Onana, et on invente un temoignage qui colle a la version presenté dans le livre. c'est de la manipulation tout ça et cela ne fait pas serieux du tout.

  9. Yzk

    nov 24 2011

    JESUS CHRIST, je veux te dire merci pour ce fds ki confesse ke tu es souverain et ke seul ta protection est la veritable . Merci pour le témoignage de ton serviteur et ke la gloire te revienne au siècle des siècles . Amen Amen!!!!!

  10. solution

    nov 24 2011

    N'importe quel énergumène se met aujourd'hui a raconter sa part de vécu à la résidence du woody déchu!! Et comme il fallait s'y attendre il n'ya que les envoûtés FPI qui croient à de telles balivernes!!  Journaleux du Nouveau Courier Yako!!

  11. tania

    nov 25 2011

    tu es un DIEU de justice SEIGNEUR et jai foi en toi tu agiras.amennnnnnnnnnnnnnn

  12. chester

    nov 25 2011

    S’il est vrai que Dieu est vivant arrêtons de l’invoquer a tort et a travers . Il y a trop de flou dans ce récit cependant l’intox est une arme tant politique que militaire . Le rhdp se joue de nos émotions pour nous distraire attention donc a nous Lmp et a vous journalistes a trop chercher le scoop vous nous vendrez des conneries

  13. Kaddy fofana

    nov 25 2011

    Amen frere et le combat continu. Ils sont avertis

  14. Moise Kouadio

    nov 25 2011

    WAT-RAT est arrivé. il reste maintenant son depart. Attendons de voir.

  15. lemohican

    nov 26 2011

    Dieu le père de toute la création ne saurait etre partisant entre ses enfants meme dans la guerre.que tous comprennent une fois pour la vie que Dieu n'a pas d'armée et que cette armée dont parle le livre saint appartient au dieu d'israel qui par son choix a divisé cain et abel, ensuite jacob et ismael, non au DIEU UNIVERSEL. Si tu veux mener ton combat mon frère, lève toi et bats toi sans te mentir à toi meme; sinon rien ne se passera. C'est dans ton choix seulement que l'esprit de chez toi te soutiendra et non le dieu d'un peuple qui a su consigner son histoire ds un livre pour t'asservir.Crois ou doute si tu veux, moi j'ai parlé.

  16. cypson

    nov 30 2011

    les ivoiriens sont nés pour ne rien voir.Comment se rejouir pour une injustice de ADO et SARCOUZY.Les differents chefs rebelles frci,vous avez été utilisés par ADO,reveillez vous et sauvons notre pays

  17. Kokou Martin

    déc 7 2011

     Peuple d'EBURNY, l'heure de Dieu est proche. C’est maintenant l'heur de la prière, la  pénitence, à la mobilisation et à  l'action de grâce pour ce que Dieu s'apprête à accompli pour nous et pour toute l'Afrique sans oublié tous les peuples opprimés.

  18. GBAGBO

    déc 21 2011

    N'importe quoi;donc il y avait un "caniveau" dans la résidence Présidentielle?Ne vous foutez pas des Ivoiriens

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